Dimanche 8 novembre 2015

Trente-deuxième dimanche du temps ordinaire

 

UN AUTRE REGARD

 

Jésus se montre ici sans complaisance avec les scribes dont le seul propos est la recherche des honneurs, des apparats, de la considération des gens, et dont le comportement est criant d'hypocrisie et de duplicité. Ils ont déjà leur récompense... et leur jugement, dit Jésus. Et c'est précisément sur l'une de ces veuves dont les biens sont dévorés par les scribes qui va attirer son regard. Deux piécettes. Un montant insignifiant pour certains, mais pas pour elle: c'est tout ce qu'elle avait pour vivre relève Jésus qui la donne en exemple à ses disciples. Le regard de Jésus ne s'est pas arrêté à jauger ce qui était donné seulement, mais comment c'était donné. Si l'argent est le critère premier, alors c'est le seul montant offert qui va valoriser l'importance du don. Mais Jésus, par sa manière de regarder, induit un autre critère de valeur.

 

Ce qu'il regarde, ce qui lui importe, c'est le coeur qui s'engage dans le don, c'est la vie qui s'y investit, c'est la vérité qui s'y tient. Cette femme ne s'est pas dérobée au don, elle a tout donné, et elle a transformé son indigence en un don au-delà de toute valeur. Il n'y a que le regard de Jésus pour recueillir une telle offrande... Un regard émerveillé qui se pose aujourd'hui sur nos pauvretés. Et qui nous encourage, à la manière de la veuve, à donner tout ce que nous sommes, tout ce que nous avons pour vivre: à offrir notre indigence.

 

Puissions-nous donc aujourd'hui recevoir au creux de nos mains, de notre indigence, le pain de la vie et la coupe du salut, et y reconnaître celui qui n'a rien retenu de son rang qui l'égalait à Dieu pour venir nourrir notre humanité par toute sa vie, et nous enseigner la voie du pauvre qui peut tout donner.

Jésus, après la mort de Jean-Baptiste s'est mis en route et, après avoir appelé ses disciples, a commencé à parcourir toute la Galilée en enseignant et en guérissant. La foule ne s'y trompe pas et afflue vers lui. L'évangéliste nous offre là un concentré de son enseignement qui s'ouvre par cette série de béatitudes. Certaines, au début et à la fin, sont au présent et attestent d'un bonheur déjà là; les autres, au milieu, sont au futur et orientent vers un bonheur encore à venir.

 

Equipe Evangile@Peinture