4 avril 2015

SAMEDI saint

L’AMOUR VOLATILISÉ ?

 

"Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié? Il est ressuscité: il n'est pas ici." C'est ce que les femmes vont entendre de bon matin...

 

Entre temps, durant le jour du sabbat,   il a fallu vivre avec ces images du supplicié, du crucifié rendant l'esprit, de son côté ouvert par la lance, de son corps descendu de la croix, de la pierre roulée scellant le tombeau. Il a fallu entrer dans le silence qui a suivi les vociférations, dans le râle des condamnés, les moqueries des soldats, le rire des satisfaits, le remord de celui qui l'a livré et de cet autre qui l'a renié, jusqu'à ce que le souffle soit emporté et que coulent les larmes des femmes. Il a fallu se rendre à l'évidence de l'impensable : à la mort du Fils de Dieu. Ce réel-là semble incontestable. Et pourtant tout en nous résiste à la nouvelle. Non, Dieu n'est pas mort. Parce que l'amour serait mort. Sans amour pas de vie possible. Le coeur reste donc suspendu à l'impossibilité. Le coeur sait. Il a l'intuition que le silence de la mort n'aura pas le dernier mot. Une puissance est à l'oeuvre: le Verbe fait renaître la vie dans les coeurs qui cherchent.

 

Le signe offert est à croire. Purement et simplement. Le corps du Crucifié n'est plus là pour attester de la mort. Sa disparition est l'évidence du Ressuscité. Comment entrer dans ce nouveau silence ? Pas d'explication. Seulement l'émotion. Le lieu de rendez-vous c'est celui de la mémoire de sa parole qui pointait déjà vers cet après. L'amour n'est pas ici, enfermé dans le silence de la mort. L'amour est semé dans les coeurs en attente. L'amour est mouvement.

 

Puissions-nous en ce jour ne pas nous effrayer du tombeau et de ce que la mort semble emporter avec elle morceau par morceau. Mais à mesure que nous nous approchons de ce tombeau, entrons toujours plus avant dans le désir de vie qui habite notre coeur ensemencé par la parole du Verbe éternel. Il y a semé l'amour, et c'est sur ses chemins qu'il nous attend.

 

Equipe Evangile@Peinture